Grosse fatigue

fatiguePour beaucoup d’entre nous, il est grand temps que les vacances arrivent.
Après un début d’année fortement anxiogène, conséquence d’une période de fortes turbulences sur le plan économique et financier mondial, le printemps s’est poursuivi avec la même dose d’inquiétude et de peur avec toutes ces annonces catastrophiques d’entreprises en difficulté, contraintes de mettre en place des plans de licenciement massifs. 

Certains analystes économiques annoncent une rentrée encore plus difficile avec sa cohorte de mauvaises nouvelles et, en prime, une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes, à savoir l’épidémie de grippe A attendue pour l’automne et l’hiver prochain, selon d’autres spécialistes de la veille environnementale mondiale.

Oui mais, en disant cela, on n’a rien réglé et au contraire, on tire encore plus vers le bas celles et ceux qui se trouvent fragilisés par ces discours défaitistes dont la presse fait ses choux gras. 

Heureusement, je rencontre tous les jours des personnes de talent qui continuent d’investir dans des projets de développement de leur entreprise, qui poursuivent les efforts de formation de leurs salariés, qui cherchent à améliorer leurs méthodes de fonctionnement interne et leur organisation, bref, qui continuent d’y croire… 

Ils gardent à l’esprit les trois objectifs principaux de tout patron : consolider les acquis, créer de la richesse et assurer la pérennité de l’entreprise. 

Je constate malgré tout que beaucoup d’entrepreneurs restent souvent seuls face à leurs responsabilités et face aux décisions importantes qu’ils doivent prendre au quotidien.
Je les encourage au contraire à échanger avec leurs pairs, avec des collègues, avec des amis ou mieux encore avec des conseils et des coachs.
Echanger avec un tiers, objectif, neutre et indépendant, c’est souvent une bouffée d’oxygène et un excellent moyen pour valider ou invalider des choix qui, très souvent, vont engager l’entreprise dans sa destinée. 

Prenez de la hauteur, faites un break… et pensez aussi à vous.

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  1. Eloge de la fatigue

    Vous me dites, Monsieur, que j’ai mauvaise mine,
    Qu’avec cette vie que je mène, je me ruine,
    Que l’on ne gagne rien à trop se prodiguer,
    Vous me dites enfin que je suis fatigué.

    Oui je suis fatigué, Monsieur, et je m’en flatte.
    J’ai tout de fatigué, la voix, le coeur, la rate,
    Je m’endors épuisé, je me réveille las,
    Mais grâce à Dieu, Monsieur, je ne m’en soucie pas.
    Ou quand je m’en soucie, je me ridiculise.
    La fatigue souvent n’est qu’une vantardise.
    On n’est jamais aussi fatigué qu’on le croit !
    Et quand cela serait, n’en a-t-on pas le droit ?

    Je ne vous parle pas des sombres lassitudes,
    Qu’on a lorsque le corps harassé d’habitude,
    N’a plus pour se mouvoir que de pâles raisons…
    Lorsqu’on a fait de soi son unique horizon…
    Lorsqu’on a rien à perdre, à vaincre, ou à défendre…
    Cette fatigue-là est mauvaise à entendre ;
    Elle fait le front lourd, l’oeil morne, le dos rond.
    Et vous donne l’aspect d’un vivant moribond…

    Mais se sentir plier sous le poids formidable
    Des vies dont un beau jour on s’est fait responsable,
    Savoir qu’on a des joies ou des pleurs dans ses mains,
    Savoir qu’on est l’outil, qu’on est le lendemain,
    Savoir qu’on est le chef, savoir qu’on est la source,
    Aider une existence à continuer sa course,
    Et pour cela se battre à s’en user le coeur…
    Cette fatigue-là, Monsieur, c’est du bonheur.

    Et sûr qu’à chaque pas, à chaque assaut qu’on livre,
    On va aider un être à vivre ou à survivre ;
    Et sûr qu’on est le port et la route et le quai,
    Où prendrait-on le droit d’être trop fatigué ?
    Ceux qui font de leur vie une belle aventure,
    Marquant chaque victoire, en creux, sur la figure,
    Et quand le malheur vient y mettre un creux de plus
    Parmi tant d’autres creux il passe inaperçu.

    La fatigue, Monsieur, c’est un prix toujours juste,
    C’est le prix d’une journée d’efforts et de luttes.
    C’est le prix d’un labeur, d’un mur ou d’un exploit,
    Non pas le prix qu’on paie, mais celui qu’on reçoit.
    C’est le prix d’un travail, d’une journée remplie,
    C’est la preuve, Monsieur, qu’on marche avec la vie.

    Quand je rentre la nuit et que ma maison dort,
    J’écoute mes sommeils, et là, je me sens fort ;
    Je me sens tout gonflé de mon humble souffrance,
    Et ma fatigue alors est une récompense.

    Et vous me conseillez d’aller me reposer !
    Mais si j’acceptais là, ce que vous me proposez,
    Si j’abandonnais à votre douce intrigue…
    Mais je mourrais, Monsieur, tristement… de fatigue.

    Robert Lamoureux

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