L’expatriation peut être évoquée de manière générale (il y a effectivement des troncs communs à toutes les expatriations) mais, à mon sens, il importe de prendre conscience qu’il existe des particularités qui nécessitent de la part des départements RH une attention soutenue et des solutions dépassant le cadre d’une formation interculturelle classique. Notamment dès lors que l’écart culturel est important ou qu’il s’agit d’un pays notifié comme « pays à risque, catégorie 1 » comme c’était le cas pour l’Algérie durant la période noire des 90. Mais aussi suivant l’âge, le statut, la situation familiale du salarié, la durée de l’expatriation, la situation géopolitique du pays, le climat diplomatique entre le pays d’accueil et de rattachement, etc.
Autant de raisons pour lesquelles je prône, en complément d’une formation en management interculturel, des formations d’appoints (sûreté, sécurité, géopolitique) et un accompagnement pour le salarié, sa cellule familiale (déménagement ou non) et sa nouvelle équipe, « avant, pendant et après l’expatriation ». Car, au-delà de l’effervescence qui peut émerger à l’annonce d’un départ, la vie sur place et le retour sont eux aussi des étapes essentielles dans la réussite d’une expatriation.
Le manager n’est pas seulement un individu, c’est une cellule familiale qui a besoin d’être accompagné avant, pendant et après l’expatriation.
La cellule familiale toute entière a besoin d’être sensibilisée et accompagnée pour que l’expérience de l’expatriation se transforme en réussite pour tous. C’est une expérience de vie, pas seulement une expérience professionnelle. D’où la nécessité de mettre en place des coachings :
- Pour anticiper : travailler en amont sur les ressources mobilisables pour chaque membre de la famille et prendre une décision ensemble.
- Pour l’aider à s’intégrer : identifier ses zones de contrainte de d’évolution, décoder les filtres culturels.
- Pour lui permettre d’être performant : traduire ses références de performance dans la culture du pays d’accueil.
- Pour l’accompagner dans son deuil : travailler le deuil du conjoint, d’un pays, d’un mode de vie, d’un statut, d’un métier.
- Pour l’inciter à clarifier et vivre ses projets sur place.
- Etc.

Pour en savoir plus sur le management interculturel, je vous conseille la lecture du blog http://www.profession-dirigeant.com consacré au management stratégique et destiné aux dirigeants d’entreprise. Ce blog sérieux est animé par Gérard Roth, auteur du livre Profession dirigeant (Dunod 2007), dirigeant lui-même d’une filiale d’un grand groupe français à l’étranger et donc très sensible au management interculturel.