Outre les chefs d’entreprise qui estiment que l’entretien annuel ne sert à rien ou n’est destiné qu’aux grosses structures, on peut aussi rencontrer des dirigeants de PME qui pensent que l’entretien d’annuel, ce n’est rien d’autre qu’ouvrir un bureau des plaintes. En effet, quand on dirige une PME, on est déjà chef d’orchestre, comptable, juriste, vendeur, mécanicien et j’en passe ! Alors, on n’a pas de temps à perdre avec les plaintes ou les demandes des collaborateurs, d’autant qu’on sait souvent qu’on ne pourra pas y donner suite.
A-t-on raison de penser ainsi, à la manière de l’autruche en disant quelque chose comme : « Tant que je ne sais pas, cela n’existe pas » ? Etonnant de la part d’hommes et de femmes qui, en créant, reprenant ou développant leur entreprise réalisent des choses beaucoup plus difficiles que d’écouter et de parler avec leur personnel !
Il est évident que la psychologie humaine ne fait pas nécessairement partie de votre formation de base. Vous pouvez, de plus, avoir développé votre feeling et de l’intuition en « sentant les gens autour de vous » et considérer que c’est suffisant. Voici néanmoins quelques questions pour stimuler votre réflexion :
- Si un collaborateur veut une preuve de reconnaissance de son travail (sous forme d’augmentation bien sûr, même si ça n’est pas la seule voie possible), vaut-il mieux ne pas en parler ou ouvrir franchement la discussion avec honnêteté ?
- Si un collaborateur a des zones sensibles, vaut-il mieux ne pas les découvrir, par crainte de ne pas savoir faire face à ses larmes (un mouchoir et un peu de sympathie suffisent souvent) ou y faire face d’homme à homme, dans le respect et la discrétion ?
- Si un collaborateur est en colère contre votre structure, vaut-il mieux faire la sourde oreille au risque qu’il trouve d’autres lieux propices à y déverser sa rancœur ou l’entendre et trier ce qui peut être légitime de ce qui ne l’est pas ?
N’ayez pas peur de faire face aux émotions. Ce sont elles qui font qu’on est en forme et prêt à se défoncer dans l’action. De plus, en les ignorant, elles deviennent plus puissantes et agissantes à couvert ! L’écoute du patron envers l’un de ses collaborateurs n’a pas pour objectif de soigner, mais de comprendre un peu mieux ce qui bloque pour aider l’autre à se remettre en selle et au travail.
De plus, en écoutant vraiment les personnes, en entretien annuel par exemple, vous arriverez mieux à trier les plaintes légitimes de celles qui sont exagérées. Si vous trouvez que les personnes exagèrent dans leurs plaintes ou leurs demandes, vous pourrez alors les faire réfléchir plus facilement sur ce qui est possible et impossible, si vous les avez entendues d’abord.
Pour ceux qui voudraient poursuivre cette réflexion, je vous conseille une lecture simple et passionnante, tournée vers la vie en entreprise : « L’énergie des émotions » par Laurence Saunder, Eyrolles 2007.
A bientôt, pour notre prochain billet : « L’entretien annuel, c’est toujours la même chose ! »
Pour en savoir plus sur l’entretien annuel, un extrait de notre livre est disponible sur le site : http://www.editions-organisation.com/Livre/9782212541335/mener-un-entretien-annuel?xd=0d369a99174c66c790438462aa431574

je partage bien sur votre vision, vos caricatures, c’est une des raisons qui m’a poussee a ecrire aussi un livre ! Reussir l’entretien d’evaluation, chez Nathan-Les echos, dont vous pouvez aussi feuilleter quelques pages sur http://www.nathan.fr/feuilletage/9782091606866/book.html … et decouvrir les autres livres de la collection (agir sur le stress au travail, manager une equipe, creer son entreprise etc.). La concurrence est la preuve que le sujet passionne !