Il y a toujours des raisons de craindre, et toujours des raisons d’espérer. En voici deux de plus, qui s’inscrivent dans l’actualité.
Quand on observe l’histoire récente du PNB/PIB français, on constate que chaque décennie est marquée par un creux économique, puis par un rebond jusqu’à atteindre un niveau de croissance élevée. Le creux de cette vague décennale se situe dans les années en 1 à 3, sa crête dans les années en 8 et 9 (source : Insee).
1973 : choc pétrolier, durement ressenti en France. Mais le pays réagit et la croissance reprend : en 1978 puis 1979, elle est de près de 4%.
Au début des années 80, la France se dote d’un gouvernement de gauche dont les réformes échouent à redresser le pays. La croissance n’atteint pas 1% en 81, elle n’est que de 1,5% en moyenne entre 81 et 83. Puis l’économie mondiale, et la France en particulier, connaissent une embellie, avec un point culminant en 1988 à près de 5% de croissance.
Même scenario dans les années 90. Après la triste période de la première guerre en Irak, marquée par une récession en 93, déjà précédée par une faible activité économique en 91 et 92 (croissance moyenne de 0,5% sur ces trois années), le pays se relance progressivement pour atteindre un pic en 2000. Entre 98 et 2000, l’économie a progressé de près de 4% par an.
Puis le cycle semble reprendre. 2002, implosion de la bulle Internet, affaiblissement général des économies occidentales. Six ans plus tard, le monde devrait surfer sur une forte dynamique. Ce n’est malheureusement pas le cas. Les subprimes, le prix du baril, la crise immobilière ou l’appétit spéculatif ont-ils brisé le cycle qui jusqu’à présent semblait nous protéger d’une crise durable ?
A vous de répondre. D’une façon ou d’une autre, la crise est le reflet d’une volonté collective. Tout comme la croissance. Vous pouvez juger que la récession annoncée en 2009 est une fatalité. Pire, vous pouvez vous convaincre que les actifs pourris sont comme le grain de sable qui désarticule une mécanique puissante mais fragile, qu’ils sont en train de broyer le système, introduisant un nouveau cycle, vicieux, qui nous conduit immanquablement à la ruine.
Ou bien vous pouvez avoir une vision plus optimiste. Considérer qu’un organisme qui connaît des soubresauts tous les 5 ans, fut-ce en mal, est un organisme en mutation ; que la période actuelle nous conduit vers une phase de plus grande stabilité et de confiance. Ou plus prosaïquement, que les cycles l’emportent toujours sur les phénomènes conjoncturels. Que la vague de fond du retour à la croissance va balayer les incidents de parcours, quelle qu’en soit la gravité.
Il faut croire profondément en ce dernier scenario, en faire acte de foi. Plus que jamais, le monde est ce que nous en faisons. Je vois autour de moi des décideurs qui ne décident plus, dans la peur que les autres ne décident pas. A l’heure d’Internet, des blogs et des forums, vous avez la possibilité de briser ce blocage. De refuser de subir la situation. Vous pouvez vous exprimer. Que des milliers de voix s’élèvent pour dire que l’embellie est possible, et l’embellie se fera. Le web, c’est le Verbe : « Le web dit : Que la croissance soit ! Et la croissance fut. »

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