Si la notion de réseau peut sembler mystérieuse ou parfois effrayante, c’est peut-être lié a la perception que chacun a d’un membre de son « réseau ». Les 800 amis de Facebook sont-ils tous autant des « amis » les uns que les autres ? Un ami d’enfance est-il automatiquement membre du réseau professionnel d’une personne ? Que dire à cet ami s’il a besoin de votre aide pour être mis en relation avec votre réseau et que vous craignez de vous compromettre en le mettant en relation avec d’autres ?
On sait que le réseau fonctionne si les relations sont bilatérales et équilibrées entre membres (je t’aide et je te demande ton aide, que tu me donnes car je t’ai aidé et ainsi de suite).
Les dysfonctionnements arrivent lorsque le soutien espéré n’est pas à la hauteur des attentes : l’un est déçu par l’autre et le cercle vicieux s’installe (tu ne m’as pas aidé et je m’en souviendrai).
Une mise en relation comporte donc toujours une part de risque, surtout si l’entremetteur ne veille pas au grain.
Lors d’une mise en relation entre deux membres du réseau, si l’entremetteur n’est pas présent physiquement, il gagne donc à qualifier chacune des mises en relation pour leur donner toutes les chances de s’enrichir et de continuer à le servir pour l’avenir.
Prenons un exemple : un proche travaille sur un projet d’entreprise, il vous contacte pour rencontrer toute personne de votre réseau qui a traversé les mêmes étapes sur un marché comparable. Immédiatement, vous pensez à trois ou quatre entrepreneurs que vous connaissez personnellement.
- Soit vous lui donnez directement leurs coordonnées : il risque de trouver un accueil distant, sans l’authenticité du discours qu’il recherche, notamment sur les difficultés rencontrées lors de la création.
- Soit vous contactez vous-même les entrepreneurs pour « annoncer » l’appel prochain : vous n’êtes pas sûr que le discours, probablement plus accueillant, sera plus sincère.
- Soit vous qualifiez vous-même chacune des personnes en fonction de votre perception et de l’histoire commune qui a fait de vous deux une relation de réseau (par exemple : untel te recevra avec plaisir, il est affable mais ne se dévoilera pas beaucoup dans le fond ; untel partage volontiers son histoire, il est plutôt modeste et serviable derrière une facade assez discrète). Cette troisième solution, sans être chronophage, humanisera la relation future entre l’ami et l’entrepreneur, puisque celui qui est en demande aura quelques billes pour lier contact et saura – a priori – à quoi s’attendre et comment aborder sa requête.
Cette solution, si elle « laisse les choses se faire en votre absence » exige un feed back précis de la part de l’ami en demande sur chacune des rencontres et des aides attendues et reçues (corrigeant parfois les intuitions ou préjugés). Et, bien sûr, un contact individuel et personnalisé de votre part pour remercier votre contact pour l’aide apportée, cette aide vous rendant redevable, mais enrichissant la relation d’un troisième acteur.

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Sharon, le 28 novembre 2008
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Sharon
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