Pour les PME disposant d’une stratégie offensive de développement, la crise financière qui vient de s’abattre aux Etats-Unis et maintenant en Europe est une aubaine. Certaines PME connaissent en effet un développement économique constant depuis plusieurs années, voire une décennie. Cette situation leur a permis d’augmenter leur trésorerie, leur donnant ainsi une marge de manœuvre pour réaliser un investissement ou une opération de croissance. Résultat : pour les dirigeants de PME soucieux de rester leader ou de développer leur activité, il est maintenant possible de racheter une grande entreprise. En effet, la capitalisation boursière des grosses structures fond, ce qui les rend vulnérables à une offre publique d’achat.
Cette mésaventure est arrivée à l’équipementier automobile Continental, un grand groupe allemand qui vient de se faire racheter par Schaeffler, une PME allemande. La méthode utilisée par Schaeffler est un cas d’école dans un contexte de guerre économique et de guerre de l’information.
Avant d’attaquer, le fabricant de pièces pour l’automobile et l’aéronautique s’est assuré de trouver la faille pour obliger Continental à négocier. La démarche utilisée par Schaeffler réside dans la détection d’une faille dans la réglementation allemande des marchés financiers. Celle-ci a permis à la PME d’avancer masquée et de s’assurer, secrètement, 36 % des titres via des options et des transactions « SWAP » auprès des banques. Dès cette phase terminée, Schaeffler n’avait plus qu’à annoncer son intention d’effectuer une OPA, ce qui a contraint Continental à négocier.
La réaction des grands groupes se fait attendre pour élaborer une parade à cette faille. A cette attaque la seule réponse du fort est de maintenir le cours de l’action au plus haut.
Ce cas illustre l’apport de l’intelligence économique (IE) pour une PME dans la définition de sa stratégie. Aujourd’hui l’IE offensif est adapté aux PME dans le contexte de mondialisation et de limitation des ressources que nous connaissons. De même, la relation du faible au fort donne au faible la dextérité et le choix des armes.
En conclusion, le rachat de Continental par Schaeffler montre qu’il ne faut jamais négliger la stratégie et qu’une démarche offensive est la clef pour réussir dans un contexte de guerre économique.
Sources :
Les petits patrons font peur aux grands, Le Monde du 30.08.08, Nathalie Vergès.
Les crises peuvent être des aubaines pour les bons stratèges et leur entreprise, Le Monde du 04.09.08, Annie Kahn.

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Benoit, le 6 octobre 2008
Pour information, Schaeffler est une “PME” de plusieurs milliards d’EURO de chiffre d’affaire…