Vous allez devoir prendre la parole en public. Vous devez faire un discours. Vous n’aimez pas… depuis quelques jours le trac s’insinue peu à peu et il vous arrive même de sentir monter, à certains moments, des petites bouffées d’angoisse.
Sachez que cette appréhension est tout à fait naturelle. Quand vous prenez la parole en public, il y a vous – l’orateur - et il y a « eux » l’auditoire. Certaines zones de votre cerveau primitif, très vigilantes sur l’expression du langage non verbal, interprètent les signaux :
1. Vous êtes seul d’un coté et ils sont nombreux de l’autre.
Nous sommes ici sur des représentations mentales du partage de l’espace. Notre cerveau reconstruit mentalement des images internes dans lesquelles il recompose la notion de territoire. Donc selon la disposition classique de la prise de parole, vous d’un coté derrière un pupitre et un micro – petits remparts symboliques – et l’assemblée dans la salle, il est donc clair que chacun a son territoire… oui, sauf que, vous êtes seul d’un coté et ils sont très nombreux de l’autre.
Conseil : Si vous en avez la possibilité, partagez l’espace commun. Promenez-vous dans la salle, soyez parmi eux, vous êtes des leurs, vous êtes venu pour leur dire quelque chose, pour communiquer avec eux.
Si cela n’est pas faisable : avant de faire votre discours, essayez de visualiser une scène où vous parlez en étant parmi eux, ressentez cette appartenance au même groupe, imaginez que vous vous déplacez, à l’aise parmi les personnes qui composeront cette audience. Faites-le plusieurs fois. De même, appropriez-vous le maximum d’espace sur la scène, ne restez pas coincé derrière le pupitre. Déplacez votre centre de gravité dans les jambes et ancrez-vous bien sur tout votre espace, votre cerveau primitif se sentira plus tranquille.
2. Le regard.
La façon que nous pouvons avoir de nous regarder les uns les autres éveille également des zones guerrières de notre cerveau primitif qui déclenchent immédiatement des réactions physiologiques. Sachez par exemple que quelqu’un qui vous fixe droit dans les yeux est en train d’installer une position dominante ; si votre regard décroche, cela signifie que vous acceptez la position de l’autre.
Imaginez l’effet que peut avoir sur une personne une centaine de paires d’yeux qui la fixent.
Conseil : Pour avoir la maîtrise de l’espace, vous devez balayer du regard l’assistance de façon permanente. Ne restez pas fixé sur une personne ou sur un coté de l’assistance. Cette vigilance, cette astreinte, vous aide à rester en conscience externe sur ce qui est en train de se passer, donc c’est vous qui réunissez à nouveau l’espace entre eux et vous. De cette façon vous échappez à la fixité des regards portés sur vous.
3. La voix.
En dehors de tout ce que l’on peut dire sur le charisme d’une voix, ce qui constitue une priorité, c’est d’entendre la personne qui parle. Quand la voix ne porte pas, écouter devient vite un exercice très pénible.
Conseil : Vous devez projeter votre voix en suivant une trajectoire qui part de votre bouche pour aller jusqu’au dernier rang. Un peu comme si vous lanciez une balle. Exercez-vous avant si vous en avez la possibilité ou regardez le fond de la salle quand vous commencez votre discours et visez loin.
Il existe encore de nombreuses techniques et apprentissages pour être vraiment à l’aise dans la prise de parole. Cependant, le premier vrai grand secret consiste à être généreux. Quand nous prenons la parole, c’est généralement pour transmettre quelque chose à quelqu’un, donc c’est le message et c’est l’interlocuteur sur lesquels vous devez vous centrer, pas sur vous.

Flux RSS




















