Parmi les maux qui caractérisent l’administration française, l’inflation de textes administratifs est certainement un des plus marquants.
Chaque loi de finance apporte, chaque année, son lot de nouvelles dispositions qui, en principe, concernent les TPE et visent même à les aider. Ces dispositions, la plupart des TPE n’en savent souvent pas grand chose car ces textes ne semblent pas conçus pour être lus par ceux à qui ils sont destinés. Seuls les spécialistes, comptables ou experts-comptables sont à même d’investir le temps nécessaire pour en comprendre tous les aspects.
Et je ne parle ici que de comprendre. Car, s’il s’agit d’appliquer, le secours d’un think thank de polytechniciens ne sera pas de trop.
Il faut compter aussi avec les nouvelles dispositions sociales. Avec les 35 heures, on pense avoir atteint le summum de ce qu’un esprit technocratique peut imaginer pour compliquer la vie des entrepreneurs et des comptables.
Enfin, ces textes n’hésitent pas à se contredire d’une période sur l’autre. A une époque, il était conseillé d’expédier les anciens en préretraite. Désormais, on souhaite aider leur embauche.
Comprenne qui pourra. Les experts comptables eux-mêmes se disent désormais débordés par cette inflation administrative.
La raison de tout cela renvoie au management : l’absence de vision globale, l’absence de constance dans la vision. En conséquence, ces mesures, qui paraissent de circonstance, se bousculent et encombrent quand elles voudraient aider.
Des premiers ministres, comme par exemple Alain Juppé, avaient promis que toute nouvelle loi serait soumise à une étude d’impact pour éviter cette inflation. Mais la machine à produire des textes a eu raison de son passage écourté au gouvernement.
Dernièrement, dans le cadre de la Révision Générale des Politiques Publiques, axe central de la modernisation de l’Etat voulu par le Président de la République, on a entrepris de réviser les 100 procédures qui coûtent le plus de temps et d’argent aux entreprises. Nos voisins danois auraient estimé que cette inflation administrative coûte quelques points de croissance. On s’en serait douté mais cela va mieux en le disant.
Espérons que ce chantier des simplifications administratives soit un succès et que l’on ne simplifie pas d’un coté pour mieux compliquer de l’autre.

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