Mais qui sont donc les vrais entrepreneurs ? D’où viennent-ils ? Quel âge ont-ils ? Quelles sont leurs qualités ? Quelles formations ont-ils ?
Il n’y a pas vraiment de réponse absolue à ce genre de questions, tout juste peut-on discerner des tendances : l’entrepreneur est jeune, par définition, car celui qui a des projets est jeune. En fait, il correspond au lecteur de Tintin, il a entre 7 et 77 ans. Il m’est arrivé de voir de jeunes enfants vendre en été des verres de jus d’orange sur le bord de la route ; il m’est arrivé aussi de conseiller une joyeuse équipe de trois retraités qui voulaient créer une entreprise en Pologne.
L’entrepreneur est fou, car s’il était réellement conscient de ce qui l’attend, il se garderait bien d’entreprendre. Fort heureusement, il y a encore des fous en France. J’en fais partie. Pire encore, j’ai récidivé, comme beaucoup.
Quant à la formation la plus efficace pour réussir en tant qu’entrepreneur, c’est probablement celle de l’échec ! La plupart des entrepreneurs de légende avouent n’avoir réussi qu’après plusieurs tentatives infructueuses.
Nous ne vous suggérons pas d’échouer exprès, bien entendu, mais l’expérience reste néanmoins la plus précieuse des qualités de l’entrepreneur. Certains réussissent du premier coup, mais pour être sincère, nous préférons l’entrepreneur qui a échoué, et qui a compris pourquoi, à celui qui a réussi, mais qui n’a pas compris pourquoi. Ce fut notamment le cas lors du boom de l’informatique, dans les années 70. Il suffisait alors d’être informaticien pour se vendre fort cher. Certains ont ainsi pratiquement créé leur entreprise sans le faire exprès, dégageant des bénéfices intéressants, jusqu’au jour où le marché s’est tassé, où les prix de ventes ont chuté. Alors seules les entreprises bien menées ont pu tirer leur épingle du jeu. Et nombre de chefs d’entreprise n’ont pas compris ce qui leur arrivait.
Il semble que l’âge « idéal » pour entreprendre soit autour de la quarantaine, car cet âge réalise justement une synthèse entre expérience et dynamisme.
GARDONS-NOUS DE CONFONDRE ENTREPRENEUR ET CHEF D’ENTREPRISE
Gardons-nous cependant de confondre l’entrepreneur avec le chef d’entreprise, ou avec le cadre dirigeant qui a gravi les échelons pour devenir PDG, ou avec le haut fonctionnaire à qui l’on a confié la direction d’un grand groupe industriel ou financier.
L’entrepreneur est quelqu’un qui a créé son entreprise en risquant sa carrière, ses revenus, son patrimoine, sa santé, sa vie de famille, bref … sa vie, dans l’espoir d’accomplir quelque chose de ses mains. C’est quelqu’un qui vit dans l’incertitude de l’avenir, dans la volatilité de son marché, la fragilité de sa technologie, dans l’inquiétude de sa trésorerie, la méfiance de ses fournisseurs, le harcèlement de son banquier, l’incompréhension impatiente de ses actionnaires. L’entrepreneur est un aventurier des temps modernes à la poursuite d’un trésor en milieu hostile.
Cette notion de risque et d’implication totale est la caractéristique principale de l’entrepreneur. A telle enseigne que lorsque son entreprise est devenue adulte, lorsque ses risques d’échec sont devenus faibles, lorsque ses revenus personnels sont devenus confortables, l’aventure est finie. Il a trouvé son trésor. Il cesse alors d’être un entrepreneur. Quand bien même il continuerait à développer son entreprise, à en créer d’autres, il ne serait plus entrepreneur mais chef d’entreprise.
Dans les années 60, on disait de lui : « c’est un industriel ».

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Patrick, le 7 avril 2008
Bonjour,
C’est un excellent article.
Je pense que c’est exactement ce qui caractérise le créateur : sa folie, son engagement total, de 7 à 77 ans, sa capacité à se relever après un échec…
Bravo !
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